Publié le 30 Octobre 2013

Article publié par Stéphane

 

Lors d'une agression, le corps est soumis à une situation de stress intense. La peur active tout un ensemble de mécanismes bio-chimiques destinés à optimiser les réactions corporelles face au danger. Pour faire simple, notre organisme se prépare à faire face au danger, par la fuite ou par le combat.

Notre organisme libère alors une hormone, l'adrénaline, qui va provoquer une hausse du rythme cardiaque et de la pression sanguine ayant pour effet une redistribution du sang des extrémités vers les organes internes. L'objectif de ce mécanisme est d'assurer prioritairement l'alimentation des organes vitaux mais aussi de limiter les pertes de sang en cas de coupure. Une des conséquences de cette redistribution des volumes sanguins est que le sang est également retiré de notre cortex cérébral, ce qui altère notre capacité à prendre des décisions. L'adrénaline provoque aussi une dilatation des bronches et des pupilles, et permet à l'organisme de disposer d'énergie pour faire face au danger.

En parallèle, on observe une sécrétion d'endorphines pour rendre notre organisme plus fort, plus rapide et plus résistant à la douleur.

Ces mécanismes complexes générent quelques effets secondaire comme l'altération de l'ouïe ou de la vision. Au niveau visuel le cerveau va traiter uniquement les informations qui lui semblent prioritaires, à savoir la source du danger. On observe donc une concentration de l'attention sur un point bien particulier (le danger identifié) et une forte diminuation de la vision périphérique. Cela ne signifie pas qu'on ne voit plus, mais juste que certaines infos visuelles, jugées comme secondaires, ne sont plus traités. On parle alors de vision tunnel.


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      Exemple d'effet de la vision tunnel en cas de stress...


En cas d'agression, cet effet tunnel peut avoir des conséquences dramatiques. En effet, cette restriction du champ visuel peut nous faire manquer des infos essentielles : présence d'un second agresseur, d'une arme ou d'obstacles... Ainsi, en état de stress, certains pratiquants pourtant très entraînés sont surpris par les attaques circulaires (crochet, claque...) qui sortent de l'axe central !

Ci-après une vidéo qui montre un exemple dramatique des conséquences de la vision tunnel : le policier est concentré sur le suspect principal, et ne voit absolument pas son complice sortir une arme, alors que ce dernier est juste à côté de lui.

 

 

Comment gérer l'effet tunnel ? Principalement en s'efforçant, dès l'entraînement, de scanner son environnement à 360° pour compenser la baisse d'efficacité de la vision périphérique.Rester calme et respirer profondemment peuvent aussi limiter les effets du stress en empêchant la machine corporelle de s'emballer.

Etre prêt à agir avec détermination, en ayant déjà réfléchi aux actions possibles et à leurs conséquences physiques, psychologiques, morales ou pénales, est alors un gage de réussite.

A retenir : de manière générale apprivoisez la sensation de peur. C'est en fait un signal d'optimisation de votre organisme qui doit vous permettre de vous défendre plus efficacement. Ne laissez donc pas cette sensation vous figer et interprettez-là de manière positive ("je suis prêt").

 

Pour aller plus loin :

http://www.robertpaturel.com/formations/vaincre-sa-peur/

http://fredbouammache.blogspot.fr/2009/08/leffet-tunnel.html


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Rédigé par self-defense-besancon.over-blog.com

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