Publié le 4 Décembre 2013

Article publié par Stéphane


Etre témoin d'une agression est une situation particulièrement inconfortable... que faire ? Agir, mais comment ? Est-on sûr de savoir qui a raison (les impressions peuvent parfois être trompeuses). L'agresseur présumé peut se retourner contre nous... et que faire si il sort une arme ?

 

Il faut savoir que d'un point de vue légal, vous devez porter assistance à une personne en danger mais sans pour autant mettre en péril votre propre sécurité. Si vous êtes une frêle jeune femme de 50kg et que vous tombez sur trois malabars qui cognent un type, vous n'avez pas à vous interposer physiquement... mais si vous passez votre chemin en baissant la tête vous pourrez être poursuivi légalement pour non-assistance à personne en danger. Sans avoir à intervenir physiquement vous pouvez tout simplement prendre votre portable pour appeler immédiatement la police et donner une description précise des agresseurs. 

 

Il existe aussi quelques astuces simples, un sifflet peut suffire à donner l'alerte et faire fuir les agresseurs. Une intervention physique demande un minimum d'entraînement et une bonne dose de courage, mais il existe quelques techniques simples et très efficaces enseignées dans les clubs de Self-Défense. Mais cela peut parfois aussi conduire à des drames (récemment un passant est mort à Marignane en ayant voulu stopper des braqueurs).

 

Un groupe d'étudiants américains a mis en scène une agression sur un campus pour étudier la réaction des témoins. Le résultat est frappant, plus le nombre de témoins est important, plus la responsabilité de l'intervention est diluée. On peut aussi constater que la notion de courage et le sens de la justice n'ont rien à voir avec la force physique. Une jeune femme n'hésite pas une seconde à voler énergiquement au secours de l'étudiant agressé alors que de grands gaillards ou des groupes passent leur chemin en baissant la tête.

 

 

 

 

 

Vous pouvez lire l'article complet du figaro relatant cette expérience ici :

http://etudiant.lefigaro.fr/vie-etudiante/news/detail/article/ils-mettent-en-scene-de-fausses-agressions-pour-denoncer-la-passivite-des-temoins-3606/

Extraits :

"Catherine Rioult, psychologue, explique justement que c’est la peur qui explique en grande partie la passivité des témoins (...) L’effet de groupe peut aussi être pervers: «Alors qu’ils devraient se sentir plus forts à plusieurs, ils ont parfois tendance à faire comme les autres, et personne ne veut se distinguer. Ils peuvent aussi se dire que quelqu’un d’autre pourra intervenir»."

"Le bilan de cette expérience rappelle la théorie de «l’effet du spectateur», aussi appelée «effet du témoin» et développée en psychologie. Le 13 mars 1964, Kitty Genovese était violée et assassinée en pleine rue à New-York, sans qu’aucun des riverains, qui avaient pourtant entendu ses cris, n’interviennent ou appellent la police. A la suite de ce fait divers qui fût très médiatisé aux États-Unis à l’époque, deux psychologues sociaux, John Darley et Bibb Latané se sont penchés sur les motifs de la passivité des témoins. Ils ont notamment conclu à la suite de leurs recherches que lorsque plusieurs personnes assistent à la même agression, le sentiment de responsabilité est diffus, et chacun est amené à se dire qu’un autre pourra intervenir à sa place. En clair, leur étude a montré que plus il y a de témoins dans une situation d’urgence, moins il est probable que chaque spectateur vienne en aide à la victime."


Cela me rappele un réflexion de Daniil Ryabko lors d'un stage de Systema consacré au couteau. Daniil nous expliquait qu'un pistolet était paradoxalement moins dangereux qu'un couteau parce qu'il n'y avait qu'un nombre limité de cartouches dans le chargeur. Il nous expliquait qu'en cas de détournement d'avion il suffisait que quelques personnes se sacrifient pour submerger les terroristes... en concluant ainsi : "mais qui se lèvera le premier ?"...

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Rédigé par self-defense-besancon.over-blog.com

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