Publié le 29 Août 2013

Article publié par Stéphane (source Wikipedia)

 

Le Pencak Sllat est originaire de Malaisie. Il s'agit de la combinaison du Pencak (présent à Java, madura et Bali) et du Silat de Sumatra, officialisée en 1948. Il est caractérisé par l'existence d'un grand nombre d'écoles et de courants, souvent influencés par les animaux. Chacun peut y créer son style. On distingue cependant 7 branches principales : les écoles islamiques, les écoles axées sur la Self-Défense, les écoles sportives, les écoles folkloriques, les écoles secrètes, les écoles chamaniques et les écoles hybrides.

 

 

 

 

Des faits permettent de penser que la diffusion du Pencak et du Silat a été liée à la diffusion de l'Islam, même si les sources antérieures au 18e siècle sont rares.

Deux éléments différencient le pencak-Silat de la plupart des arts martiaux asiatiques :

- l'existence d'une forme dansée appelée Bunga (une façon de dissimuler la pratique lorsque celle-ci a été interdite par les autorités coloniales au 19e siècle),

- la dimension rituelle et religieuse.

 

Il y a 3 éléments de base dans la pratique du Pencak-Silat :

- les techniques de base,

- les enchaînements réglés de techniques appelés Jurus (ou drills),

- le combat.

 

En france, les représentant les plus connus sont Charles Joussot (qui a déposé la marque Penchak-Silat en France et créé le Fisfo) et Franck Ropers. Ces derniers se sont surtout fait connaître pour leur interprétation "Self-Défense" du Pencak-Silat.

 

 

 

 

Le Pencak Silat communique essentiellement en France sur sa dimension "Self-défense". On peut cependant aisément constater sur ces vidéos qu'il s'agit plus d'une approche "martiale" assez classique (comme pour le Jujitsu ou n'importe quel art martial) que d'une approche moderne de la défense personnelle tenant compte de l'ensemble des contraintes d'une situation réelle (effets psychologiques et physiques du stress, techniques de gestion verbale, cadre légal...). Les techniques demandent parfois des qualités physiques particulières (les coups de pied hauts de Franck Ropers ne sont pas accessibles à tous) !

On constate également qu'il est fait un usage prépondérant du First Strike (frapper le premier). Ce qui est un choix judicieux dans un contexte guerrier est cependant illégal dans le cadre civil français : la victime supposée devient de fait l'agresseur au yeux de la loi. Cette stratégie est donc à limiter à des cas très précis, il faudra pouvoir se justifier ensuite devant un magistrat ! Les enchaînements de frappes sur des zones ultra sensibles (yeux, gorge, génital...) ne sont pas replacés dans une perspective de proportionnalité par rapport à un niveau de dangerosité de la situation initiale clairement défini. La réaction est donc généralement disproportionnée par rapport à une attaque qui n'a pas vraiment lieu (en fait aucun des termes de la légitime défense n'est respecté sur les vidéos proposées !).


Le penchak Silat est donc un style spectaculaire, très martial et extrêmement efficace dans un contexte guerrier mais difficilement transposable dans un contexte civil en respectant la réglementation française sur la légitime défense (ce qui reste quand même un point majeur pour une approche réaliste de la Self-Défense).

 

Voir les commentaires

Rédigé par self-defense-besancon.over-blog.com

Repost 0

Publié le 21 Août 2013

Article publié par Stéphane

 

Qu'est-ce que la Self-Défense ? A priori la réponse semble simple. Le terme Self-Défense est un anglicisme qui signifie apprendre à se défendre soi-même. Donc tous les arts martiaux (ou sports de combat) peuvent être de la Self-Défense... c'est d'ailleurs l'opinion de l'Etat Français qui considère que tout enseignant d'arts martiaux ou de sport de combat peut enseigner de la Self-Défense.

 

Du coup on regroupe sous le vocable accrocheur de Self-Défense des choses qui n'ont absolument rien à voir. Que l'on soit professeur de boxe, de krav-maga ou de Taï-chi on peut utiliser le terme de Self-Défense. Il s'agit pourtant de disciplines très différentes. Comment s'y retrouver ?

 

Si, effectivement toutes les disciplines martiales enseignent des techniques de combat qui peuvent devenir défensives, il faut quand même constater que certains arts martiaux sont plus "concrets" que d'autres. Certaines disciplines ont plutôt des objectifs de bien-être, de santé ou d'éducation du corps. D'autres ont été développées dans un contexte historique qui n'a plus rien à voir avec la réalité actuelle. Certaines disciplines ont été développées par rapport à un cadre juridique qui n'est pas du tout celui du citoyen français lambda (les disciplines de close-combat développées pour les militaires par exemple).

 

Cette confusion est d'ailleurs entretenue par certains enseignants qui sous le terme de Self-Défense vendent des cours d'initiation à un art martial. On commence par pratiquer en tee-shirt et puis rapidement on vous convainc d'enfiler un kimono et de faire des katas. Ce leurre est même hérigée en stratégie de développement par certaines fédérations d'arts martiaux "classiques" afin de gagner des licenciés supplémentaires.

 

03B34731

 Les techniques issues d'une pratique "classique" bien que très efficaces sont parfois

inadaptées aux situations d'agressions réelles (plusieurs agresseurs souvent armés)

 

La question de la différence fondamentale entre arts martiaux et Self-Défense est régulièrement abordée (le site Neurocombat a bien détaillé la question ici : http://www.neurocombat.com/self_defense%20neurocombat%20article%2002.html). La pratique des arts martiaux est quelque chose de formidable, de très structurant sur le plan mental et physique, et les techniques enseignées sont parfois très efficaces. Mais si on veut avant tout apprendre à se défendre pour pouvoir faire face à des situations réelles d'agression comtemporaines (c'est il me semble l'objectif d'un vrai pratiquant de Self-Défense) il faut bien avoir conscience qu'il s'agit de quelque chose de différent.

 

Apprendre à réagir une attaque "loyale", très codifiée, face à un adversaire seul (dont on sait dès le départ si il est armé ou non), qui démarre à 3 mètres de vous et qui souvent n'enchaîne pas, ne feinte pas, n'a rien à voir avec la réalité d'une agression urbaine. Je ne dis pas que cet entraînement est inutile mais quand trois types vous tombent dessus à 5h du mat en sortie de boîte, que vous avez un peu bu, que vous êtes accompagné de votre copine, que vous devez gérer la peur, que vous êtes coincé entre les voitures, les choses sont très différentes. Dans les arts martiaux classiques l'attaque est souvent prétexte à une belle construction technique avec de superbes désarmements, des projections spectaculaires ou des techniques de contrôles très complexes. Autant de choses qu'il vaut mieux éviter dans la rue. Le constat est le même pour les sport de combat  : sur le ring c'est du 1 contre 1, on sait quels sont les coups autorisés ou interdits, il n'y a pas d'arme, on sait combien de temps va durer le combat... (à ce propos vous pouvez relire l'article MMA ou Self-Défense ? : http://self-defense-besancon.over-blog.com/article-mma-ou-self-defense-64486415.html).

 

Autre exemple, la gestion verbale. La plupart des agressions commencent par une altercation verbale. Savoir gérer cette donnée et connaître les techniques de désescalade est primordiale pour faire face à la réalité... combien d'enseignants de Self-Défense en tiennent compte dans leur cours ?

 

Fotolia 27013914 M

      Une préparation efficace à des situations réelles d'agression doit prendre en compte de nombreux facteurs pyschologiques

(surprise, peur...)

 

De plus le citoyen lamba doit respecter un cadre légal bien particulier, celui de la légitime défense qui est très restrictif en France. Si les techniques qui vous ont été enseignées vous permettent de vous défendre mais en vous envoyant en prison ou en vous condamnant à payer à vie des dommages et intérêts à votre agresseur pour l'avoir blessé, je ne suis pas sûr du bénéfice. Là encore c'est une donnée rarement prise en compte.

 

Il me semble donc essentiel ce définir les caractéristiques d'un enseignement de la Self-Défense :

 

1 - Réalisme

Si vous souhaitez apprendre à faire face à des situations d'agressions urbaines actuelles, il faut travailler sur des situations d'agressions urbaines actuelles. Reproduire des katas vieux de mille ans, des techniques de combat militaire ou jouer à sports régulés, même si cela vous apprendra beaucoup, ne correspond pas à un objectif premier de Self-Défense.

 

2 - Système Civil

Si vous êtes un civil qui souhaite apprendre à se défendre dans un cadre civil il vous faut un enseignement qui tient compte des contraintes civiles. Une pratique de close-combat destinée à former des commandos n'est pas adaptée à un cadre civil (vous n'avez pas le droit de sortir votre pistolet ou votre couteau pour vous défendre par exemple).

 

3 - Approche Globale

La Self-Défense ne doit pas se contenter de techniques de défense physique mais doit gérer la pré-agression (vigilance, gestion verbale, décryptage du langage corporel, connaissance des types d'agresseurs et de leurs techniques...) ainsi que la post-agression (fuite, notions de base en secourisme, gestion du choc post-traumatique...). Dans la phase de défense physique l'enseignement doit prendre en compte tous les paramètres (gestion du stress, de l'environnement, utilisation des objets usuels...).

 

4 - Respect du cadre légal

Toutes les techniques enseignées doivent être resituées dans un contexte précis d'agression et respecter notamment les critères de proportionnalité imposés par le cadre légal de la Légitime Défense.

 

Le respect de ces 4 axes me semble primordial pour un enseignement juste, honnête et réaliste de la Self-Défense. Peu importe ensuite quelles seront les techniques enseignées ainsi que leur "origine" martiale pourvu qu'elle aient un bon ratio simplicité / efficacité et qu'elles soient adaptées à la réalité du terrain.

Voir les commentaires

Rédigé par self-defense-besancon.over-blog.com

Repost 0

Publié le 14 Août 2013

Article publié par Stéphane

 

Lu dans la presse régionale : M. est réveillé au milieu de la nuit par sa femme qui entend du bruit sur le parking. Il se lève et constate qu'un individu est en train de lui voler sa voiture.

 

 02E23600

 

Pratiquant de sport de combat il se rue sur le voleur, lui envoie quelques coup de poings et un coup de pied au visage, le blessant. Il s'avère finalement que le voleur est une personne "fragile" qui souffre de problèmes psychologiques. La justice a conclu que M. a réagit trop vivement face à une personne qui ne représentait pas un grand danger. Verdict : 8 mois de prison avec sursis et 5600 euros de dommages et intérêts pour M. (mais il est possible que cette somme soit au final plus importante).

 

Conclusion : même si légalement M. était dans son droit (la défense d'un bien est légale), sa réponse n'était pas proportionnelle et en faisant preuve d'une violence excessive il est sorti du cadre légal.

 

Maintenant, imaginez bien la situation, votre femme vous réveille au milieu de la nuit, encore à moitié endormi vous foncez défendre votre véhicule dont dépendent sans doute vos revenus (sans véhicule pas de travail !). Il fait sombre, vous être stressé, énervé, appeuré... vous ne savez rien de la personne qui se trouve dans le voiture, il peut s'agir d'un délinquant armé prêt aux extrémités les plus violentes. Il n'est d'ailleurs peut-être pas seul, il est possible que des complices fassent le guet dans l'obscurité. Difficile de ne pas se laisser emporter... à contrario si le voleur avait été très dangereux et armé, et que M. se soit juste contenté de le bousculer mollement, l'affaire aurait pu rapidement se terminer à la morgue pour M.

Il est donc très facile de passer de la place de victime à celle d'agresseur. M. n'avait rien demandé, contrairement à la personne qui, même s'il s'agissait de quelqu'un de faible sur le plan psychologique, s'apprêtait à commetre un délit en volant sa voiture. Il est relativement aisé, après coup, au calme dans un bureau, en connaissant tous les tenants et les aboutissants de l'affaire, de délimiter des limites qui n'auraient pas dû être franchies en faisant preuve d'un raisonnement cognitif abstrait. Toute personne qui a déjà dû gérer des situations de violence sait qu'il s'agit d'un système cahotique, qui déclenche des mécanismes émotionnels importants, ce qui rend l'analyse et la prise de décision extrêmement complexe face à une situation dont la majeure partie des informations nous échappent.

 

02B45001

 

Qu'aurait donc dû faire M. ? Rester chez lui, appeler la police et regarder le voleur partir avec sa voiture. Avec un peu de chance il aurait quand même pu récupérer sa voiture. Au final, son instinct de défense de son bien lui coûtera finalement plus que la valeur du bien (en additionnant dommages et intérêts, frais de justice, jours de travail perdus pour se rendre aux audiences etc...) et il a maintenant un casier judiciaire qui peut lui porter préjudice dans sa vie professionnelle en lui interdisant certains métiers.

 

Ce cas est particulier, il s'agit de la défense d'un bien pas d'une personne, et nous ne connaissons pas tous les détails de l'affaire (M. a-t-il des antécédents d'actes violents ? Quels sont au juste les dégâts physiques et psychologiques subis par le voleur ?...). Mais lorsque l'on s'intéresse de près à l'aspect légal de la légitime défense et que l'on en discute régulièrement avec des policiers ou des gendarmes, on prend conscience que la norme est la suivante : vous n'avez pas le droit, en France, de vous défendre par vous-même. Dans certains cas particuliers, de force majeur, vous pouvez vous substituer aux forces de l'ordre, mais ces cas sont réglementés de manière tellement étroite, que dans les faits on déborde la plupart du temps du cadre.

 

Il est donc nécessaire d'apprendre à se défendre, ne serait-ce que parce que dans certaines situations votre survie immédiate en dépend, mais de manière globale, privilégiez la prudence, l'évitement, la négociation verbale ou la fuite ! Une agression est toujours une épreuve en deux temps, le temps de l'agression (qui vous tombe dessus sans que vous ayez rien demandé), et le temps post-agression : si vous vous êtes laissé faire, vous devez alors gérer les séquelles physiques et psychologiques - si vous vous êtes défendu, vous devez rendre compte de chacun de vos actes et en gérer les conséquences pénales et financières.

 

Source visuels : ingram Publishing

Voir les commentaires

Rédigé par self-defense-besancon.over-blog.com

Repost 0